Randonnée à Crêt de la Neige depuis Crozet, Montoisey, Montoiseau, Grand Crêt, Crêt de la Neige. Retour par Curson et Gouffre de La Calame
Randonnée du
dimanche 19 juin 2011
Que faire quand il pleut averse ? Tel fut la question pour ce samedi.
Tenter de voir des salamandres en prenant les habits de pluies ? Vu
les trombes d'eau ce fut vite écarté le samedi matin. Il me restait à
occuper ma journée à monter la table de salon d'Ikea, bonheur que je
repoussais toujours selon la devise : pourquoi faire aujourd'hui ce
que je ne ferai pas demain ! Dissertons un peu sur ce grand progrès
qu'est le meuble à monter soi-même : le nombre de vis au m2 est
impressionnant, sans le manuel de montage, tu es comme un pingouin
perdu dans un désert et enfin le temps, toujours trop grand, pour
monter ces meubles ! Le bonheur, que dis-je, l'extase de l'oeuvre
achevée fut tellement grand, que je me suis offert ce que la Belgique
offre de meilleur ... une de leur bière (ceux qui ont osé penser à
leur chocolat seront bannis de transpiree.ch !).
Revenons à nos moutons enfin salamandres. La météo offre une session de
rattrapage en ce dimanche après-midi, même si les montagnes sont sous
un ciel de traine assez chargé. Ainsi je décide de compléter mon
parcours des crêtes du Jura français, ma
dernière
visite de ce printemps 2011 s'était arrêtée à Montoiseau,
au-dessus du Col de Crozet.
Départ depuis la
télécabine du
Fierney, Crozet. J'emprunte le chemin pédestre, un panneau
annonçant que les chemins ont été réaménagés pour séparer le flux
entre les piétons et cyclistes. Je m'enfonce dans la forêt et à la
bifurcation suivante, sans indication, je choisis le chemin de droite.
Le terrain est fort gras, la pluie de la veille pas encore absorbée et
la végétation devient touffue, ronces en prime ! Ainsi, las de cette
lutte, au niveau de la route à 900m, je décide de rejoindre les pentes
de la télécabine, qui offre un terrain dégagé et plus agréable vu les
conditions. Ce sentier, non mentionné sur la carte, est assez pentu et
j'ai pris l'option d'abréger les souffrances en montant rapidement.
Seules les fraises des bois et autres petites fleurs sont venues
égayer cette montée.
J'arrive sur le plateau du Fierney, accueilli par un horrible bâtiment
de béton. J'emprunte le sillon du téléski du Vallon et en haut je
poursuis dans mon élan tout droit, ratant le chemin pédestre. Un peu
de barbelé et de hors piste pour rejoindre la piste de ski et le haut
du téléski de la Ramas. De là, je monte droit en haut pour Montoiseau,
par des pentes que j'ai trouvées fort sympathiques car équilibre parfait
entre droit-en-haut, confort et plaisir. Je rejoins le cabanon de
Montoiseau, lieu de ma pause au printemps.
Je marque une petite pause, le vent me refroidit et la softshell est
appelée en renfort et ne me quittera plus de la balade. Je file par
les pistes de ski pour Montoisey, où je rencontre la seule personne
vue de cette balade.
Désormais on quitte, enfin, le domaine skiable pour une crête typique
du Jura, en pentes douces et larges, tant mieux cela permet aux
muscles un peu de répit.
Ainsi, on rejoint facilement Grand Crêt, simplement marqué d'un
panneau indicateur. Par beau temps, la chaine des Alpes, avec le Mont
Blanc en seigneur, le Léman et le jet de Genève attirent l'oeil. Tant
pis pour ce jour ! La suite du chemin est charmante, mélange de
dolines (dépression fermée provoquée par l'érosion des eaux
souterraines), fleurs et rochers. Ne sachant pas exactement où se
trouve le Pt1720, j'attaque directement par la crête, pour une petite
marche qui me permet d'arriver au Pt1720, juste 6-7m au-dessus du
chemin (donc pas la peine de suivre la crête). Rien n'indique ce
sommet (ni cairn, ni marque, ni borne) pourtant tout de gloire auréolé
d'être le plus haut sommet du Jura. C'est en discutant avec
Alain Visinand, qu'il m'a appris
que le Pt1720 n'est pas celui indiqué ... au Pt1718. Lors de ma
visite
en 2008 au Crêt de la Neige, j'étais arrivé au Pt1718, tout juste
flanqué d'un piquet. Depuis un panneau fut ajouté indiquant : "1720m"
... ce qui est faux car il est au Pt1718. Quoi, il y a tromperie sur
la marchandise ? Moi qui croyait avoir atteint le point culminant du
Jura en 2008 !
Je m'attarde sur ce sommet dominant le Jura (un rocher où une seule
personne peut se tenir), trouve l'endroit bien charmant, entre
calcaire et pins. Il manque un rayon de soleil ! Puis je poursuis
tranquillement vers le Pt1718 où je prends le temps car une petite
éclaircie réchauffe mon coeur ! S'il avait fait grand beau, j'aurai
poursuivi jusqu'au Reculet, mais je décide de rebrousser chemin. Je ne
fais pas attention et je rate le départ du chemin pour Curson, mais
j'ai le droit, juste sous le Pt1720 à un canyon du plus bel effet, qui
me ramène sur ce chemin. En 2008, j'avais fort apprécié cette partie
du parcours et là encore le plaisir fut intact.
J'arrive sur Curson avec ses vaches et son
refuge,
seulement ouvert du jeudi au dimanche fin de journée, donc fermé lors
de mon passage. Puis je poursuis par la route de 4x4 filant doucement
vers La Calame. La route est assez longue et un peu monotone, excepté
une barrière en barbelés, puis j'arrive à La Calame facilement. Je
voulais prendre le chemin pour visiter le Gouffre de La Calame, chemin
non vu. J'en suis quitte pour rebrousser chemin dans les hauteurs et
chercher ce gouffre. Les spéléologues ont pu descendre jusqu'à environ
-300m, dont voici leurs deux premières descentes (
1ère
page 31 et
2ème
page 14).
Je reviens à La Calame et poursuis vers La Ramas où j'avais prévu de
passer, mais je pense que je me suis fait avoir par la petite taille
affichée de la carte sur l'écran du smartphone, j'ai pris le chemin en
dessous de La Calame, difficile à trouver. J'arrive à la clairière
(non indiquée sur la carte, mais là où le chemin bifurque vers 1450m)
et le chemin se perd. Je le suis virtuellement via le smartphone, mais
toujours rien. Traversée dans une forêt puis une clairière où je le
retrouve en bas. Ouf !
Je poursuis la descente puis vois un large sentier, toujours en forêt,
jonché de feuilles et fort agréable à descendre, excepté les branches
mortes sources de déséquilibre (les bâtons furent bien utiles ici). Ce
chemin n'est pas indiqué sur la carte, mais est marqué de signes
rouges. Bizarre le secteur !
J'arrive à la route, Pt843, que je longe brièvement pour descendre au
Pt850. Descente en devers pour ensuite trouver un joli sous bois,
cailloux recouverts de mousse, mais glissant vu la dernière pluie.
Pour rejoindre la route du Chemin du Creux aux Loups, il faut
bifurquer à gauche vers 780m, mais rien de l'indique, sinon une faible
trace ! Je fus donc fort content d'avoir le GPS ! Il me reste à suivre
cette route forestière qui me ramène en douceur au parking du Crozet,
avec les dernières lueurs du jour. Le Reculet aurait été de trop !