Suisse | Berne

Nous sommes avec Christian à Grindelwald depuis la veille, cela nous a permis d’admirer le coucher de soleil sur la face N de l’Eiger, pour être précis, c’est la face NNO, elle prend le soleil en fin de journée. Le beau est prévu pour toute la journée et nous prévoyons une grande randonnée, avant la venue de ma tante Nouchka le lendemain.
On prévoit donc de monter à la cabane de Schreckhornhütte. On part le matin, vers 9h pour le téléphérique de Pfingstegg. Il fait froid, la nuit a été claire, on met nos softshell. Le téléphérique permet de gagner 1h et 400m de dénivellé, en été il fonctionnne de 8h à 19h, et l’aller-retour coute environ 15.- CHF.
Par un chemin d’abord doux puis qui monte bien, par une sente creusée souvent à travers la roche, nous arrivons à la cabane – restaurant de Bäregg où nous trouvons le soleil. On fait un bref arrêt, pour enlever une couche de vêtement et crémage, puis continuons notre chemin. Le cadre devient grandiose et les sommets sont enneigés. On rencontre des moutons, puis notre première chaine, une chaine pour touriste hollondais, en sorte de mise en bouche des nombreuses suivantes. Le chemin descend pour mieux remonter plus tard, à plusieurs reprises. Le tracé du chemin a dû être modifié et des panneaux nous avertissent du caractère alpin de la suite. Les traces rouges cèdent la place uax traces bleues.
On arrive à la longue suite des chaines et quelques échelles. Le décor est planté et le caractère alpin fait son apparition. Un bon pied est nécéssaire, les passages sont parfois étroits, cela ressemble à la montée à la cabane Salena. Petite précision, les chiens sont interdits, mais vu les passages avec chaines, le bon sens veut que les maîtres choisissent une autre course !
Vers 2100m, on rencontre la neige, le passage d’une rivière avec les rochers gelés, les choses se corsent ! Cette neige va nous compliquer la vie, déjà que le terrain est délicat, la neige vient en rajouter une belle couche. Il nous faut donc redoubler d’attention. Notre plus grand problème sera de traverser un couloir à avalanche où l’avalanche à déjà eu lieu. Le terrain est exposé et pentu et il faut traverser. Peu avant, nous avons croisés un homme qui descendait de la cabane, et ce fut pour nous inesperé … car il nous a tracé le chemin. Dans ce névé, on passe au mieux, je suis devant et chaque pas est travaillé pour former un appui.
La progression se poursuit dans de meilleures conditions, on passe devant la ruine de l’ancienne cabane puis une dernière montée pour arriver à 13h30 (4h de montée) à la cabane de Schrekhornhütte. Vu les conditions de neige, on prend la décision d’une courte pausse (30′). En arrivant à la cabane, la gardienne nous accuueille avec un petit verre de thé chaud sucré, fort sympa. Il est interdit de camper et picniquer (bienvenue en suisse allemande !), on prend donc l’option d’acheter local ! La gardienne est vraiment sympa, le gardien a essayé de me parler, mais l’allemand est une langue étrangère pour moi. Le panorama est superbe depuis cette cabane, on peut voir un joli nombre de glacier et la face S de l’Eiger et le Mönch.
On repart donc assez vite, 14h, la neige est déjà soupe. J’ai trouvé la descente plus facile, d’avoir fait les traces à la montée nous a bien aidés. Les névés délicats furent passés plus vites. On croise un couple de hollondais qui préfèrent faire demi-tour, nous serons donc les seuls de la journée à être monté à la cabane. On repasse les échelles et chaines, le terrain est humide et on avance avec précaution. Même les passages aisés, j’ai gardé une main sur les chaines, les semelles des chaussures ont beau être en Vibram, l’eau rend glissant même ces semelles.
Après les échelles, on marque une courte pause, on enlève les chaussures pour évacuer l’humidité, pour les ignorants le Gore-Tex prend l’eau et j’avais oublié de re-graisser mes chaussures.
Après une longue traversée, on rejoint la cabane de Bäregg, changement de décor, une foule de gens, surtout des jeunes, profitent de la terrasse et des chaises longues, ça n’est plus la même faune. Après une pause photographique d’homo bronzicus, nous redescendond d’un bon pas, pour rejoindre le téléphérique. Juste avant ce dernier, une des nombreuses chûtes d’eau nous permet nos ablutions, quel bonheur de pouvoir se désaler ! Puis la benne nous permet de rejoindre facilement Grindelwald, on pendant la descente nous pouvons admirer l’entretient des champs où l’herbe est fauchée. Cela force notre admiration, ah la rigueur des suisses allemands !